dans la foule, tout près de toi
je sens l'inaccessible indifférence
que tu enlaces inlassablement
je me suis sentie vivante solitaire
auprès de l'amante délétère
des milliers d'étrangers autour de moi
d'histoires sans foi
une ruche sur tes bras nus
piqûre d'abeille dard brûlé effacé
un poison guérit l'insondable
je m'apprête une éternelle seconde
par dessous le blizzard des ondes
de ton bourdonnement insoumis
mielleusement enseveli
ton souffle frais sur ma nuque brasier
à deux lieues des bouffées
de délires rauques et tauriques
j'aspire le vide empli de la scène
comme on brise la porcelaine
en morceaux parfaitement égaux
sous l'aspic de tes entremots
ton rire s'énerve en cadence
comme un whisky sourd
s'enlise dans l'hippocampe
j'éternue sous la brume opaque
des postillons d'Andromaque
sur un valet de carreau en flammes
infusé de moelle de jusquiame
...
je me suis sentie vivante solitaire
par dessous le blizzard des ondes
en morceaux parfaitement égaux
infusée de moelle de jusquiame